Chauriat est un petit village célèbre pour ses deux églises paroissiales - dont l'une est celle d'un ancien prieuré - et son activité viticole aujourd'hui hélas en net recul. Mais ses coteaux nous offrent de beaux points de vue...
Mais commençons par son église romane. Dédiée à Saint Julien de Brioude, elle était avant 1789 l'oratoire d'un monastère bénédictin dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu
| Mur extérieur dont les restes de piliers attestent l'existence du cloître |
Pour la visiter il nous faudra aller chercher la clef de sa lourde porte à la mairie. Comme un clin d'oeil de l'alliance passée de l’Église et de l’État ! Nous allons y découvrir de magnifiques chapiteaux.
L'ancien hôtel particulier du révolutionnaire Rudel du Miral abrite en effet la mairie qui s'y est installée à l'aube du 21ème siècle.
Issu d'une famille noble, fils du juge châtelain de Vertaizon, Rudel effectue des études de droit à Bourges. Il est reçu ensuite comme avocat auprès du Parlement de Paris, avant de venir s'établir à Thiers.
Notable respecté, Rudel grimpe tous les échelons de la hiérarchie municipale. Il est maire de Thiers pour la première fois de 1763 à 1765, et occupe plusieurs fois ce poste jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
En 1789, il se rallie aux idées révolutionnaires et est élu une nouvelle fois maire de sa cité.
Le 7 septembre 1792, Rudel est élu député du Puy-de-Dôme à la Convention, le huitième sur douze. Il a 73 ans et est l'un des doyens de la nouvelle assemblée. Il siège avec les modérés de la Plaine et participe très peu aux débats. Lors du procès de Louis XVI, il votre contre l'appel au peuple, pour la peine de mort et contre le sursis. En juin 1793 il se prononce contre la Commission des douze et participe ainsi à sa dissolution.
Rudel s'oppose à Robespierre en thermidor et accueille avec soulagement la fin de la Terreur.
Peu présent à la tribune, le vieux député auvergnat travaille
activement au sein des comités. Il est ainsi membre et président du Comité de pétitions et de correspondance.
Le 25 octobre 1795,
la veille de la séparation de la Convention, Rudel est président du
Collège électoral de France, en tant que doyen d'âge. Malgré ses 76 ans,
il est largement réélu au Conseil des Anciens
par 270 voix sur 305 votants. Il est beaucoup plus effacé au cours de
son second mandat et quitte la vie politique à la fin de celui-ci.
Il meurt en 1807 à l'âge de 87 ans.
| Décor du porche intérieur de la porte d'entrée |
La seconde croix est nettement moins belle mais elle est bien dans le décor avec le massif du Sancy en arrière plan où on se rend compte que le coup de froid de ces derniers jours a semé une nouvelle couche de neige...
L'environnement est parsemé de buttes au sommet desquelles s'érigent souvent des croix ou des chapelles et au pied desquelles se nichent les villages.
| A gauche, c'est le grand Turluron et le village de Chas qui s'étire à ses pieds |
Le village de Chauriat est lui aussi niché à l'abri d'une butte et si l'on agrandit l'objectif, on se rend vite compte que le nouveau village grimpe à l'assaut de la colline pour accroître son espace vital.
| Le coeur de l'ancien village |
| Le nouveeau Chauriat à l'assaut de la colline |
Petite balade qui nous laisse satisfaits grâce à cette plongée dans l'histoire de ce petit coin d'Auvergne qu'on appelle La Comté



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